A la découverte des cafés de notre vieille bourgeoisie parisienne, je me suis forcé à y aller un midi. Faut dire que la plupart de mes connaissances qui habitaient le coin étaient irrémédiablement snobs et prétentieux. Le jeu consistait, avec mes amis, lors d’une soirée, à parier un bifton que l’inconnu très prétentieux avec le petit doigt en l’air habitait Passy ou Auteuil.
Inutile de dire que je gagnais à tous les coups…..
Bref ce n’est plus un a priori que j’avais sur le quartier de Passy, mais un jugement inébranlablement négatif.
La surprise a été de taille. J’ai découvert cette rue de Passy toute mignonne, pleine de gens sympathiques … finalement jeunes. Bon d’accord il existe quelques spécimens de versaillais maigrichons et vêtus en petits carreaux,mais dans l’ensemble c’est moderne, actif et joli. Moi qui croyais ne voir que des femmes liftées. J’ai vraiment changé d’idées après avoir flashé sur quelques jeunes et jolies filles de toute beauté. Mais là je m’égare…..
Les cafés de Passy, à ma grande surprise, sont relativement favorables à l’ordinateur, voire au branchement sur des prises électriques. Mais de tous les cafés où j’ai séjourné, mon coup de coeur fur le café restaurant « La Gare » qui a pris logement dans l’ancienne gare de la petite ceinture de Passy. D’où le nom, forcément.
Pour ceux qui connaissent la Flèche d’or dans le 20ième sachez que celui-ci aussi est une ancienne gare de la petite ceinture. Mais ici, c’est clairement plus bourgeois.
Une fois entré dans « La Gare » il y a deux solutions. Soit vous descendez dans l’énorme salle du restaurant que désert cet escalier non moins magistral, soit vous restez au rez de chaussée dans la salle du café-bar-terrasse. Vous verrez tout de suite, le ton est donné : ici ce n’est pas un simple café mais un haut lieu de la branchitude du 16ième. Si vous êtes raisonnable et que vos devez finir un dossier, mieux vaut rester au rez de chaussée où se trouve le café. Grande hauteur sous plafond, teinture rouge aux murs et grands canapés en cuir marron donne un joli sentiment de sérénité. Le service, masculin, est irréprochable et le calme règne en après midi.
L’ultime bonheur, c’est de travailler sur cette terrasse qui domine les anciennes voies ferrées. Grands parasols de toile et tables rectangulaires donnent l’impression d’être dans la maison de campagne de votre oncle improbable de La Baule qui aurait fait fortune. Prenez donc un Perrier (vous connaissez vous un habitant de Passy avec une sur pondération notoire ? Moi pas… et Perrier j’vous dis !) et réchauffez vos épaules avec les rayons de soleil de cette délicieuse journée.
Quant au branchement de votre ordinateur portable, ici pas d’angoisse: lorsque vous demandez à vous brancher à l’électricité, les serveurs vous annoncent l’incroyable, à savoir que chaque table possède sa prise de courant. Unique en terrasse !
Il faut bien donner quelques mauvais points alors allons y vite. D’abord les tables sont branlantes, suite à un hiver humide ; Il y a aussi des mini pucerons volants qui vous énerverons les jours de grosses chaleurs. D’ailleurs j’ai fait une découverte: ils préfèrent s’attaquer aux personnes ayant un tee-shirt ou une chemise de couleur vive. Que voulez vous, j’ai le temps d’observer on est si bien ici….
Non, le seul véritable souci c’est la note: le prix d’un grand hôtel parisien. Le coca par exemple, vous le trouviez déjà trop cher à 4 euros ? Ici c’est 5 euros tout rond. Le prix des beaux quartiers quoi !